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jeudi 17 mai 2012

Transfert : Pourquoi Drogba n'ira pas à Shanghai...

Les sites Internet spécialisés font actuellement leurs choux gras des rumeurs de transfert concernant la star des Blues. Deux informations principales reviennent continuellement depuis le début du mois de novembre 2011 : primo, Drogba ne jouera plus à Chelsea la saison prochaine ; deuxio, il s'engagera avec le Shanghai Shenhua FC. Si la première hypothèse nous paraît inévitable, la seconde est, elle, plus qu'improbable. Explications.

  • Des adieux programmés pour mai 2012


Drogba s'apprête à disputer la deuxième finale de Champion's League de sa carrière, samedi face au Bayern à l'Allianz Arena (66.000 places). Dans les jours qui suivront cette rencontre, quel que soit le résultat, les négociations avec Chelsea prendront définitivement fin et Drogba fera ses adieux.





Chez les Blues, cette saison avait été placée sous le signe du renouveau. La reconstruction entamée par Ron Gourlay, directeur technique de Chelsea, avec les venues de Villas-Boas, Mata, Lukaku et autres Cahill va connaître une nouvelle impulsion cet été. 


Si Terry et Lampard devraient jouer encore quelques saisons avec leur club fétiche, Gourlay n'est pas prêt à accorder ce privilège à Drogba : une saison supplémentaire, mais pas au-delà. On pouvait penser que l'arrivée de Di Matteo et l'aura dont il bénéficie en cette fin de saison aurait pu changer la donne. Mais même le manager est assis sur un siège éjectable et quoiqu'il arrive samedi soir, l n'est pas en position de négocier la prolongation du contrat de l'Ivoirien.


Agé de 34 ans, Drogba est devenu, aux yeux de Gourlay, un "boulet" qui délesterait la masse salariale d'environ 7,5 millions d'Euros par saison. Ses blessures à répétition et ses 5 malheureux buts en Premier League cette saison auraient achevé de convaincre les dirigeants.  L'attaquant ayant refusé de prolonger pour une saison, il est désormais "libre", ce qui implique que les Blues peuvent s'asseoir sur les 12-13 millions d'Euros de la potentielle indemnité de transfert. 



  • La C1, ou rien !

Les chiffres sont là : 38 buts en 76 rencontres. Une moyenne d'un but tous les deux matchs (0,5 but par match) pendant neuf campagnes consécutives. C'est mieux que Rooney (0,41), Cristiano Ronaldo (0,46) et bien mieux qu'Ibrahimovic (0,33). C'est même mieux que le meilleur buteur de l'histoire de la compétition, Raul (0,48), mais à mettre en perspective avec le nombre incroyable de rencontres disputées par ce-dernier et donc avec le nombre - tout aussi impressionnant - de buts inscrits (75 buts en 155 matchs). 

C'est en revanche moins bien que l'incroyable Messi (0,75 but/match !) ou encore le néo-retraité Van Nistelrooy (0,68). Deux enseignements donc : Drogba est un joueur de Ligue de Champions. Il chérit cette compétition et elle le lui rend bien ; mais il fait partie de ces joueurs qui repoussent sans cesse leurs limites et les incroyables performances de ses concurrents ne font que lui donner de l'élan.

Drogba fera tout ce qu'il peut pour disputer la Ligue des Champions, tant qu'il en a les capacités physiques. C'est mal le connaître que de penser le contraire. Pour ce compétiteur-né, le top-niveau et les sensations que procurent ces rencontres entre la crème de la scène mondiale - et non pas européenne - est un besoin. Et ce n'est pas la saison prochaine qu'il se privera de ce luxe.


  • Objectifs internationaux


Beaucoup d'observateurs oublient de prendre en compte le facteur international. Drogba est l'une des clefs de voûte de sa sélection sur le terrain comme en-dehors. Mais en dépit d'une carrière internationale bien remplie (4 CAN et 2 mondiaux), son palmarès demeure vierge.


Drogba confie souvent qu'il a des regrets, au premier rang desquels on trouve la défaite en finale de la C1 (face à Manchester United en 2008). En inscrivant deux buts lors des demi-finales face au Barça, il s'est octroyé une seconde chance qu'il jouera dès samedi. 


Sa deuxième grande déception, ce sont ses deux échecs en finale de la CAN (en 2006 au Caire, et plus encore cette année à Libreville face à la Zambie). Au cours de ces deux finales, Drogba a manqué un penalty dans le cours du jeu. Au cours de ces deux finales, les Eléphants ont échoué alors qu'ils étaient favoris.


En janvier prochain, aura lieu une autre édition de la CAN (en Afrique du Sud), du fait du décalage de cette-dernière aux années impaires. Autant dire que Drogba ne se pardonnerait pas un autre échec continental.


Pour cela, il lui faut rester affûté physiquement et visible sur le plan médiatique. Il lui faut également évoluer dans un championnat digne de ce nom. N'en déplaise aux supporters de Shanghai et à Nicolas Anelka, Shenhua FC n'est pas en mesure de lui offrir cela. Drogba doit garder en mains les moyens de montrer au sélectionneur ivoirien qu'il demeure l'attaquant titulaire malgré ses 34 ans.


  • Drogba l' "Européen"


Même si face à la poussée de championnats émergents, certains pensent que l’Europe et l’Amérique du sud ne seront bientôt plus les seuls pôles compétitifs du football, l'évolution est lente et incertaine. En l'état actuel des choses, des championnats comme ceux du Qatar, des Etats-Unis ou de la Chine n'attirent que des joueurs en manque de temps de jeu ou en fin de carrière (les exemples sont nombreux mais on peut se contenter de citer Robert Pires et Nicolas Anelka). 


Le club de Shanghai a récemment prouvé qu'il n'était pas une structure très stable (son palmarès n'a d'ailleurs rien d'impressionnant : 2 titres en 19 ans ; seulement onzième au classement l'an dernier) : l'arrivée et le départ précipité, dans des circonstances louches, de Jean Tigana ; la propulsion d'Anelka au poste d'entraîneur-joueur, à moins que le poste de coach ne soit occupé par l'ancien attaquant nantais Alioune Touré (comme indiqué sur la page wikipedia du club...) ? Sans parler des tentatives répétées du club d'attirer des grands noms du ballon rond depuis l'hiver 2011 : Drogba, puis Kanouté, puis Kaka, en attendant la prochaine rumeur.


Lors de son premier match avec son nouveau club, Anelka a inscrit un but après 40 secondes de jeu (à voir ici) : sans vouloir discuter davantage du niveau général des clubs chinois, comment croire une seconde qu'après avoir connu l'ambiance de la Ligue des Champions européenne, Drogba accepterait de jouer dans ce cadre-là ? Et même pour 350.000 Euros par semaine !

  • Les destinations crédibles


Reste à faire le tri entre les destinations qui pourraient être envisagées par le goleador de la Côte d'Ivoire. 


L'agent du joueur, Thierno Seydi, a été clair quant aux offres provenant de clubs anglais : Drogba prolongera à Chelsea, ou il quittera purement et simplement l'Angleterre. C'est tout-à-fait compréhensible dans la mesure où Drogba accorde une grande importance à la valeur de loyauté. Au yeux des supporters comme de ses coéquipiers de longue date (Terry, Lampard, Cech, Essien...), un tel transfert serait une "trahison".


Le même cas de figure se pose en France : si Drogba revient en Ligue 1, la seule destination possible a toujours été et demeure l'Olympique de Marseille. Le club n'étant pas qualifié pour le Ligue des Champions, Drogba ne reviendra pas cet été. Mais son retour sur la Cannebière pourrait être plus proche qu'on ne le croit. 


 En Italie, la Juventus pourrait être un "acquéreur" sérieux. Le champion d'Italie recherche en effet un buteur pour la longue mais passionnante saison qui l'attend. Reste à voir si le joueur correspond réellement au profil recherché par Antonio Conte. Le Milan AC ne devrait pas s'aligner car Ibrahimovic, auteur d'une saison remarquable, est "parti pour rester".


La Bundesliga est un championnat de plus en plus attractif et une équipe comme Schalke 04 qui vient de voir s'envoler le légendaire Raul (pour le Qatar) sera sûrement intéressé par l'Ivoirien. Schalke n'aurait aucune indemnité de transfert à verser et le départ de l'Espagnol libère une ligne budgétaire pour un joueur du calibre de Drogba.

En Liga, et malgré les rumeurs récentes qui l'envoient du côté du Camp Nou, le Real semble être le client le plus sérieux étant donné la relation quasi-filiale qu'entretiennent Drogba et José Mourinho. Une condition sine qua non toutefois : le départ de Gonzalo Higuain, chose qui reste assez incertaine pour l'instant. Enfin pour tous ceux qui aiment prendre des risques, miser un petit billet sur le club de Malaga n'est pas une idée folle étant donné le puissance financière du club, sa qualification pour la C1 et le départ en retraite de Ruud Van Nistelrooy !

Affaire à suivre.

mardi 15 mai 2012

Yaya Touré : quatrième Ivoirien à remporter la Premier League

Auparavant plus enclins à évoluer dans les championnats français et belge, les années 2000 ont vu les destinations européennes des joueurs ivoiriens se diversifier grandement : Italie, Ukraine, Grèce, Portugal, Espagne, Allemagne... La Premier League est de loin devenu leur championnat favori.

Parmi les premiers à y avoir posé leurs valises, on peut compter Ibrahima Bakayoko (Everton dès 1998), puis Lassina Diabaté et Olivier Tebily (en 2002, respectivement à Portsmouth et à Birmingham). Mais la colonie va grossir rapidement. L'augmentation de ce nombre est à mettre en relation avec les bons résultats de la sélection nationale qui va impressionner plus d'un observateur et jouer les premières coupes du monde de son histoire en 2006 et 2010.

Parmi les Académiciens, Habib Touré sera le premier à tenter l'expérience. Au cours de l'été 2002, Kolo quitte en effet son club formateur (Asec Abidjan) pour rejoindre Arsenal. Ce transfert (et le paiement qu'il occasionne) sera d'ailleurs à l'origine du conflit judiciaire opposant Jean-Marc Guillou, fondateur de l'Académie Mimosifcom, à Roger Ouégnin, Président de l'Asec Abidjan. Celui que certains surnomment le "Roc" jouera sa première saison pleine avec les Gunners l'année suivante (37 matchs joués en championnat, 10 en C1) et sera le premier Ivoirien champion d'Angleterre, cette même année. Il remporte le titre sous les yeux du jeune remplaçant Emmanuel Eboué, arrivé de Belgique pendant le mercato.

C'est durant la trêve estivale qu'un autre international ivoirien décide de s'installer à Londres : auteur de 17 buts en Ligue 1 et d'une superbe campagne en Coupe de l'UEFA, Didier Drogba quitte Marseille à contrecœur et signe à Chelsea. Auteur d'une saison plus que satisfaisante sur le plan statistique, Drogba chipe le titre à son compatriote dès sa première saison chez les Blues. Il récidive la saison suivante.

L'Ivoirien s'acclimatant plutôt bien Outre-Manche, d'autres joueurs évoluant en Ligue 1 vont suivre : en 2006, Abdoulaye Meïté profite d'une place de titulaire en sélection pour s'envoler du côté de Bolton (puis de West Bromwich) et Didier Zokora, royal à St Etienne, s'engage sous les couleurs de Tottenham.

Toujours en 2006, mais en provenance des Pays-Bas (Feyenoord) cette fois, Salomon Kalou rejoint Drogba à Chelsea.


En 2009, Aruna Dindane quitte Lens, après une descente en Ligue 2 et une longue blessure, pour Portsmouth (club criblé de dettes). Il ne fera qu'un passage éclair en Premier League, son club étant rétrogradé et n'ayant pas les moyens de le conserver, malgré une bonne saison (9 buts en 19 matchs) et plusieurs offres anglaises.

En 2010, Chelsea est à nouveau champion. Drogba, meilleur buteur de la League avec 29 réalisations, remporte son troisième titre. Salomon Kalou la remporte lui pour la première fois. Au niveau des mouvements, Yaya Touré, milieu défensif de Barcelone atterrit à City et devient temporairement le joueur le mieux payé d'Angleterre. Cheik Tiote, l'autre redoutable récupérateur des Eléphants - excellent lors du Mondial 2010 - débarque à Newcastle ce même été.


Pendant la trêve de 2011, c'est au tour de Gervinho de traverser la Manche : alors que Kolo est allé renforcé l'axe défensif de City (été 2009) et qu'Eboué opte pour la Turquie, l'ex-Lillois choisit Arsenal.


En 2012, Kolo soulève son deuxième trophée de champion d'Angleterre, tandis que son petit frère, Yaya, y goûte pour la première fois et devient le quatrième Ivoirien à remporter la Premier League.

mercredi 21 mars 2012

Polémique Drogba/Benfica : quand les journalistes lisent dans les pas de danse...


Une étrange polémique (aussi futile que farfelue, je le reconnais) a récemment été relayée par plusieurs sites d'informations (Le 10 Sport, Afriquinfos.com, Melty,...).

Alors qu'il assistait avec ses coéquipiers au tirage au sort des 1/4 de finale de la Ligue des champions, Didier Drogba a été filmé en train d'esquisser des pas de danse dont il ignorait certainement qu'ils allaient donner lieu à tant de réactions.

Des journalistes portugais auraient en effet vu dans la réaction du capitaine des Eléphants une moquerie : selon eux, Drogba aurait feint la peur à la vue du futur adversaire des Blues, le Benfica Lisbonne (la vidéo sur Youtube pour vous faire votre propre opinion).

On s'étonne de savoir que les journalistes ou supporters portugais sont en mesure de décrypter une attitude qui n'a pourtant rien de limpide. Par ailleurs, tout observateur qui suit le football de façon plus ou moins régulière connaît Drogba comme l' "ambianceur" qui profite de toute occasion pour animer le vestiaire ou le car de ses coéquipiers. N'est-ce pas lui qui importait, dès le début des années 2000, le Coupé-décalé sur les terrains de football européens.

Surtout, interpréter la réaction de Drogba de la sorte serait faire une totale abstraction des évènements qu'a connu Chelsea ces-derniers mois. Les mauvais résultats en Championnat, la démission de Villas-Boas et très récemment, le camouflet infligé par Naples (1-3) rattrapé in extremis à Stamford Bridge, sont autant de choses qui interdisent à Drogba de manquer de respect à un adversaire quelconque. Il en est plus que conscient. A-t-on besoin de lui rappeler qu'en février, sa sélection nationale échouait en finale de la CAN face à la Zambie ? Je ne le pense pas.

Quoiqu'il en soit, Drogba devra s'attendre à un accueil peu chaleureux à Lisbonne. Reste à savoir comment les supporters réagiront à ses pas de danse si d'aventure il inscrivait un but à l'Estadio da Luz et décidait de le célébrer.

mardi 29 mars 2011

La relève "olympique" : faut-il espérer ?



Au vu de la belle victoire de la sélection olympique (4-0) qui jouait ce week-end à Accra contre le Liberia, dans le cadre des éliminatoires pour les JOs londoniens de 2012, nous serions tentés de penser que la sélection A actuelle - à forte coloration "académicienne" - a trouvé sa relève.

Gérer au mieux le "passage de témoin"

Des cadres vieillissants (Zokora, Drogba, Kolo, Keita,...), d'ex "jeunes espoirs" en phase de devenir les tôliers (Yaya, Gervinho, Tioté,...) : la sélection ivoirienne de la 2e moitié des années 2000, dont on a si souvent loué le talent et conté le potentiel, s'apprête à connaître (lors des CAN 2012, 2013 et, surtout, du Mondial 2014) de grandes mutations. Le passage de témoin et l'intégration de jeunes joueurs prometteurs est le grand challenge qui attend les sélectionneurs nationaux de l'équipe A (François Zahoui) et de la sélection olympique (Alain Gouaméné).

On se souvient que le passage de témoin avait été très mal négocié en 2005-2006. Il avait même failli coûté la qualification au Mondial 2006 (voir la campagne des éliminatoires combinés CAN-Mondial 2006, les errements d'Henri Michel et la complaisance de certains membres du staff et de dirigeants de la FIF à l'égard de plusieurs joueurs). S'ils avaient certainement un rôle à jouer hors du terrain, des joueurs comme Cyril Domoraud et Blaise Kouassi par exemple, n'auraient pas dû être alignés, ni à la fin des éliminatoires, ni pendant le Mondial. Les bonnes performances comme l'expérience grandissante de leurs concurrents l'exigeaient.

Il est évident que Zahoui et Gouaméné travaille d'ores-et-déjà dans le sens d'une "passation de pouvoir" en douceur. On sait toutefois que le moment choisi par le sélectionneur, qui doit rester (on ne le dira jamais assez) le seul maître à bord en matière sportive, est souvent contesté par des officiels de la Fédération, voire par les joueurs eux-mêmes. On espère que le parcours, honorable jusqu'ici, dont Zahoui sera l'auteur lui permettra d'asseoir une légitimité qui avait fait défaut au sélectionneur français à l'aube du Mondial allemand. Henri Michel semblait parfois trop peu concerné ; il paraissait trop souvent ailleurs. Halilhodzic, qui était venu à Abidjan avec la main ferme qu'on lui connaît, avait peut être payé au prix fort (la Fédération - en accord avec certains joueurs ? - l'avaient privé du Mondial 2010 au profit d'Erickson) cette intransigeance. Dans l'intérêt du football ivoirien, cette "ingérence" (le mot est mal venu) de certains hommes de la FIF dans les choix du sélectionneur doit cesser.

Les futurs jeunes de la Sélection A sont-ils déjà connus ?

Pour ce qui est de l'intégration de jeunes éléments chez les Seniors, le tandem Zahoui-Gouaméné va jouer un rôle crucial et il est essentiel qu'il puisse travailler sur le long-terme (encore 3 ou 4 années au moins). Le second a en effet acquis une excellente connaissance des sélections ivoiriennes de jeunes à travers ses dernières campagnes : il a notamment conduit une sélection U23 lors du Festival International Espoirs de Toulon (qu'il a d'ailleurs remporté), la sélection U17 lors de la CAN 2011 (à laquelle il a décroché une place qualificative pour le Mondial de la catégorie, cet été au Mexique) et actuellement la sélection olympique dans la campagne qualificative pour les JOs de Londres.

Depuis le départ de Gérard Gili (qui avait brillamment qualifié la Côte d'Ivoire pour le premier tournoi olympique de football de son histoire, en 2008) et le décès en 2004 de feu Mama Ouattara (à l'époque, éminent sélectionneur de la sélection junior), Gouaméné est aujourd'hui celui qui détient les clés de la relève ivoirienne. Ce n'est qu'en travaillant main dans la main que Zahoui, patron des Eléphants Seniors, et lui pourront identifier les éléments dignes de succéder aux Kolo, Keita et consorts ; d'une part choisir les éléments qui ont les qualités requises pour évoluer au plus haut niveau, et d'autre part, ceux qui sont en mesure de combler les lacunes et besoins de l'équipe A en fonction des dispositifs et schémas tactiques qu'aura arrêté le sélectionneur avant les compétitions décisives.
Mais peut-on prévoir la promotion en équipe A d'une majorité des joueurs de la sélection olympique actuelle ? Cette sélection est composée à quelques exceptions près des joueurs qui ont remporté les Festival international de Toulon en juin 2010. Composée de jeunes espoirs faisant leurs gammes en Europe, elle ressemble fortement à la sélection emmenée par Gili à Beijing. A la différence près que celle de Gili comptait des joueurs qui avaient déjà fait leurs premiers pas en Senior. Cela dit, jusqu'à 2012, la route est encore longue.



Si l'on consulte la liste des 18 participants à Beijing 2008, on constate que 5 d'entre eux ont pris part au Mondial sud-africain, deux ans plus tard : Benjamin Angoua (Valenciennes), Souleymane Bamba (Hibernians), Emmanuel Koné (Cluj), Salomon Kalou (Chelsea) et Gervinho (Lille). Toutefois, Kalou, Gervinho et Koné comptaient des sélections en A avant de jouer la compétition olympique. Depuis, ils sont 3 de plus à avoir goûté aux joies de la sélection A : Abraham Guié-Guié (Tours), Sékou Cissé (Feyenoord) et le Niçois Kafumba Coulibaly.

Malgré le talent des poulains de Gouaméné, on peut donc se demander combien viendront grossir les rangs de leurs aînés d'ici les CAN 2012 et 2013. On remarquera que, parmi eux, Lacina Traoré flirte avec les "A" depuis cet été déjà et que le latéral droit du Slovan Bratislava, Mamadou Bagayoko, pourrait, en cas de qualification, disputer ses deuxièmes JOs consécutifs.

dimanche 23 janvier 2011

JOs 2012 : milieu de terrain à saisir !


A quelques semaines du début des éliminatoires pour les JOs 2012, la fédération ivoirienne est toujours à la recherche d'un sélectionneur. Georges Kouadio s'est vu attribuer la sélection A' (engagée dans le CHAN 2011 au Soudan), tandis qu'Alain Gouaméné s'attellera à préparer la sélection Cadette pour le Mondial de la catégorie, qui se déroulera cet été au Mexique. Pourtant, la Fédération a certainement à coeur de rééditer la performance du Français Gérard Gili, qui avait qualifié la Côte d'Ivoire pour les premiers JOs de son histoire, à Beijing en 2008.


L'éternel problème de la détection a une fois de plus été relevé par Alain Gouaméné, après l'élimination de la sélection cadette en 1/2 finale de la CAN : en dépit d'un jeu technique et d'une rigueur tactique certaine, les Eléphanteaux et leur mentor ont été freiné par plusieurs blessures et par le manque de "profondeur" de leur banc. Le technicien a annoncé que la détection d'éléments susceptibles de venir renforcer la sélection U-17 (Gouaméné a déclaré d'ores-et-déjà tenir son "noyau dur") constituerait un axe essentiel de la préparation du Mondial mexicain qui débutera en juin.


Ce travail de supervision auprès des centres de formation et clubs en Côte d'Ivoire mais également en Europe et dans d'autres pays d'Afrique est généralement négligé par les instances fédérales. Souvent, faute de moyens. Pourtant, le vivier de jeunes joueurs ivoiriens expatriés est pléthorique. Depuis une bonne dizaine d'années les départs prématurés vers des horizons plus ou moins exotiques se sont multipliés : aujourd'hui les sélections nationales de Côte d'Ivoire comptent parfois dans leurs rangs des joueurs de vingt ans à peine évoluant en Afrique du Nord, dans le Golfe persique, en Europe de l'Est et même parfois en Extrême-Orient (Thaïlande, par exemple). Il est regrettable qu'une détection ambitieuse (et minutieuse) ne puisse être entreprise au niveau international.


Par bonheur, la sélection olympique bénéficie d'un échantillon de joueurs sur lequel s'appuyer : une sélection U-23 a en effet pris part (et remporté) l'an dernier au Festival International Espoir de Toulon (France). Ces joueurs constituent donc l'ossature de la sélection olympique actuelle. On compte notamment le gardien Ibrahim Koné (Boulogne), l'attaquant Serge Deblé (Nantes) et le milieu de terrain Bakary Saré (Anderlecht). Toutefois, le staff doit veiller à ne pas tomber dans les mêmes travers qu'à la CAN cadette. En l'absence de doublures de qualité, d'éventuelles blessures à la veille des matches pourraient en effet jouer un mauvais tour aux Eléphanteaux. La FIF devrait donc avoir des yeux aux "quatre coins du globe" pour repérer les éléments dignes d'intégrer le groupe...


Comme cela n'est pas possible, il est du devoir des (modestes) observateurs que nous sommes d'attirer l'attention de l'encadrement sur l'existence de joueurs dont le profil serait adapté.

Brahima Touré. Aucun lien de parenté avec Abib, Yaya ou Ibrahim, Brahima Touré fait certainement partie de la relève appelée à prendre la suite des Académiciens d'ici quelques années. Evoluant au Club Sportif Sfaxien, en Tunisie, ce milieu de terrain de 21 ans est étonnamment resté inaperçu deux longues saisons avant que les émissaires repèrent enfin son talent. Finaliste de la Coupe de la Confédération (la C3 africaine) avec son club cette année et vainqueur il y a deux ans, Touré a déjà côtoyé l'élite du football continental et est reconnu comme l'un des milieux le plus polyvalent et le plus efficace de la première division tunisienne : à l'aise à la récupération comme à la relance (il est souvent passeur décisif), Touré est aussi fréquemment buteur. Avec toujours un temps d'avance sur son vis-à-vis et une excellente conduite de balle, il est clairement un ton au-dessus dans ce championnat.





L'Etoile du Sahel ayant été un temps sur les rangs pour s'attacher les services du joueur, le rival Espérantiste avait aussitôt inscrit le même nom sur ses tablettes. Problème pour les deux cadors du football tunisien, des clubs européens commencent à pointer le bout de leur nez (Le Havre, Nice et Hanovre seraient notamment intéressés).


Cela dit, la destination que prendra Touré cet été importe peu ; il est essentiel que le futur sélectionneur des moins de 23 ans lui fasse intégrer le groupe olympique pour les prochains matchs tests. Le chemin jusqu'au JOs étant long, il faut à tous prix étoffer le groupe afin de ne pas faire face aux mêmes difficultés que celles rencontrées à la CAN rwandaise. Il est aussi important de garder un oeil sur les éléments les plus jeunes de la sélection A' qui s'exprimeront le mois prochain lors du Championnat d'Afrique des Nations, un "panachage" Locaux-Expatriés pouvant être intéressant.